Janvier 2019, je prends connaissance des thèmes pour le Festival photo de Butry-sur-Oise. 

Il y a deux thèmes: transparences et vivez la nuit.

Sans hésiter je m’inscris. Je vais me concentrer sur le thème de “vivez la nuit”. Il me reste donc dix mois pour faire des animaux qui vivent la nuit! 

En effet je ne me vois pas présenter autre chose que le monde animal de notre région.

J’ai déjà photographié un hibou moyen duc. Mais je ne veux pas représenter la même photo  que dans la précédente édition de ce festival. Je vais essayer de présenter les quatre espèces de rapaces nocturnes de notre région. 

La hibou moyen-duc, la chouette hulotte, l’effraie des clochers et la chevêche d’Athéna.

Je commence mes recherches immédiatement. L’été précédent j’avais déjà vu un hibou, alors je vais commencer mes recherches dans ce coin.

Le soir après le travail je traverse les champs pour me rendre en lisière de forêt. Je reste à l’affût plusieurs heures chaque soir. 

 Une fin de soirée j’aperçois dans l’obscurité une silhouette voler. Je suis très loin d’avoir une photo mais je suis heureux de cette observation.

Par la suite plusieurs soirs j’ai pu l’apercevoir, il s’agit du hibou. Je me suis aussi rendu compte qu’ils étaient deux! Surement un couple. 

J’ai la chance d’assister à de magnifiques couchers de soleil bien couvert dans mon grand blouson. Parfois je n’ai rien vu plusieurs jours d’affilés. Parfois il faisait très froid, il pleuvait fort. Mais j’étais toujours là au cas où. Plusieurs mois se sont écoulés, nous sommes en été.

J’ai entendu des cris dans la forêt derrière moi. J’inspecte délicatement les lieux, mais je ne vois rien.

Je retourne me positionner en lisière de forêt pour avoir vue sur le champ pour voir le hibou sortir, si il sort ce soir. 

Comme si je sentais une présence derrière moi, je me retourne. Je vois un jeune hibou, puis un deuxième à quelques mètres de moi.

Je me retourne lentement afin de prendre quelques clichés de ce jeune rapace qui a l’air intrigué de ma présence. 

Voilà une première photo pour l’exposition ! Un jeune hibou moyen duc sur sa branche. Plus de la moitié de l’année est écoulée et il me reste encore trois rapaces nocturnes à trouver, à observer puis à photographier. Le tout sans les déranger.

En rentrant de mes affûts en voiture j’ai aperçu à plusieurs endroits la petite chouette d’Athéna.

Je me suis renseigné à l’aide de livres sur ces rapaces. En principe c’est une bonne période pour les observer. Il doit y avoir des petits ! 

Premier affût en voiture afin d’apercevoir cette petite chouette.

J’entends des miaulements ! Non c’est un des cris particuliers de la chevêche. Elle est bien dans le coin. La nuit tombe puis je vois une silhouette plus petite qu’un pigeon. Oui c’est bien elle, c’est la plus petite des quatre espèces de rapaces nocturnes du coin.

Par la suite je me suis bien camouflé dans la végétation afin de l’observer n’osant pas approcher ses perchoirs de chasse.

Je me suis vite rendu compte que je voyais deux individus. J’étais entre leur habitation et leur terrain de chasse. 

Les chouettes faisaient des allers-retours vers leur domicile. Il doit sûrement  y avoir des petits!

Au fil du temps je me suis rendu compte que les chouettes passaient très près de moi! Je n’ai pas l’air de les déranger. Elles se posent dans un arbre à quelques dizaines de mètres de moi. Mais il fait nuit et avec toutes les branches ça va être difficile de faire une photo correcte.

Je me suis trouvé une nouvelle place d’affût. Je m’y installe le soir quand le soleil est bien présent afin que les chouettes ne me voient pas.

Je suis déguisé en feuillage au milieu des grandes herbes à quelques pas de l’arbre où viennent régulièrement se poser les petites boules de plumes qui se déplacent sans un bruit. 

D’où je suis j’aperçois les chouettes arriver, une se pose dans l’arbre mais impossible de la photographier dans l’obscurité! 

Il me faudrait un flash, non impossible je ne veux vraiment pas déranger cet animal pour une photo! 

Tous le soirs, pendant trois ou quatre heures j’observe.

J’ai appris a reconnaitre différents cris de ce mystérieux animal. En effet elle peut pousser une quarantaine de cris. 

J’ai eu la chance de voir les jeunes nourris par les parents.

Puis un soir un des jeunes tape dans le bec d’un parent pour avoir à manger. Il est aussitôt repoussé d’un coup de boule. Puis les cris s’amplifient entre les adultes et les jeunes qui volent très bien.

Le lendemain les cris étaient intenses dès le début de la nuit. Les jeunes suivaient les parents dans la chasse. C’était la phase d’apprentissage à la chasse aux petits rongeurs.

Je distinguais les silhouettes sur les poteaux du champ derrière moi.

Les soirées se ressemblent, je transporte chaque jour le matériel, pour au final aucune photo exploitable.

Un soir de démotivation, fatigué de ces longues soirées à attendre. De rentrer tard à la maison pour se lever tôt le lendemain pour travailler. J’hésite à sortir ce soir, j’ai besoin de repos, mais en même temps c’est tellement attendrissant de voir cette famille évoluer.

Allez j’y vais!

Comme chaque soir je m’installe au même endroit, le soleil se couche derrière moi, mes yeux sont figés dans les branches de l’arbre devant moi. 

Le soleil laisse passer un dernier rayon avant de disparaitre et la chouette arrive sur la branche devant moi !

Je reste quelques secondes avant de réagir! C’est magnifique, magique! Elle crie ! Je fais quelques photos, puis elle se déplace dans l’arbre. Je continue de profiter de cette jolie lumière. Elle ne s’arrête pas de hurler! Elle appelle les jeunes pour chasser! Cinq minutes plus tard en voilà un, puis deux.

Une fois réunie dans l’arbre, la petite famille se retire pour une soirée d’apprentissage. 

Nous sommes au mois d’août, les jeunes seront indépendants et quitteront leur famille à la recherche d’un nouveau territoire en septembre. 

J’ai ma deuxième photo pour l’exposition et j’ai assisté à des choses tellement belles. Je suis fatigué mais heureux.

Par la suite, les vacances. De retour  j’ai entendu les chouettes hulottes, j’ai aperçu des effraies mais je n’ai pas réussi à les photographier. 

Je présenterais donc deux espèces sur quatre pour lesquelles j’ai consacré une bonne partie de l’année et de mon temps libre. 

 

Comme l’année précédente mes tirages sont sur du papier d’art contrecollé sur dibond.

C’est vraiment gratifiant, la photo de mes canards avec laquelle j’ai obtenu la deuxième place est sur l’affiche du festival. La photo est aussi présente dans la rue devant la salle d’exposition. Je suis touché de voir mon travail ainsi représenté.

Le week-end se déroulera à merveille.

J’ai retrouvé les photographes que je n’avais pas vus depuis l’an dernier pour certains. 

Le public quant à lui était très intéressé par ces créatures si mystérieuses de la nuit. Certaines personnes m’ont félicité, m’ont interrogé. Ce fût une nouvelle fois une bonne expérience. 

Mon travail a une nouvelle fois été récompensé par le public en obtenant la première place pour l’ensemble de mon exposition.

L’exposition c’est donc achevée positivement, mais je n’ai pas dit mon dernier mot pour l’effraie des clochers, et la chouette hulotte. J’espère prochainement  les photographier pour mon plaisir et le plaisir de vous les  partager. 

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